Article initialement publié sur Les Echos Start

Comme chaque année depuis cinquante ans, le CES – pour Consumer Electronics Show – a envahi Las Vegas. Les acteurs de l’innovation à destination du grand public se sont réunis pendant 4 jours du 5 au 8 janvier.

Accueillant traditionnellement les fabricants et fournisseurs hifi, électroménager, électronique et composants qui viennent présenter en avant-première leur dernières innovations, le salon s’est ouvert encore un peu plus cette année aux autres secteurs et startups.

Cette 50ème édition – placée sous le signe du “Whoa” – lève le voile sur un futur peuplé d’objets connectés, de voitures autonomes ou encore de réalité augmentée. Pour ceux qui n’ont pas suivi l’actu du plus grand salon de l’électronique grand public au monde, nous vous avons compilé les innovations les plus emblématiques présentées.

1 – L’assistant très personnel Olly

2017 sera marquée par une véritable déferlante d’assistants personnels. On trouve désormais aux côtés d’Amazon Echo et du plus récent Google Home, de nombreux objets, généralement sous la forme d’enceintes, utilisant la voix comme mode d’interaction. Ils ont tous pour ambition de prendre une place centrale dans les foyers en donnant un accès plus simple, pratique et intuitifs à l’information et aux services en lignes et au contrôle des objets connectés.

Parmi ceux-là, on trouve Olly une enceinte qui se différencie par la volonté de ses concepteurs, issus des neurosciences et du machine learning, de lui attribuer une personnalité. Tout d’abord, Olly pivote et se dresse pour exprimer ses intentions et s’adresser à son interlocuteur. Surtout, l’idée est qu’il soit capable d’adapter sa manière de parler et de se comporter avec son utilisateur en fonction de son caractère, du contexte, mais aussi de son humeur. Au fur et à mesure des conversations et de son apprentissage, Olly devrait même être capable de faire preuve de proactivité pour anticiper les besoins et les envies de ses utilisateurs. Le lancement est prévu à l’été 2017.

2 – La baguette magique de la maison connectée Seven Hugs Smart Remote

La profusion annoncée d’objets connectées dans la maison complexifie parfois la manière de les utiliser. Chaque application dédiée vient encombrer les smarpthones et tablettes des membres du foyer et nécessitent quelques manipulations d’ouverture avant même de pouvoir être utilisée. Cela fait plusieurs années maintenant que l’on voit émerger des solutions qui tentent, avec plus ou moins de succès, de se positionner comme interface centrale de la maison connectée.

Seven Hugs offre une approche originale avec sa Smart Remote, une télécommande universelle constituée d’un écran tactile. Après installation de 3 capteurs de position et quelques paramétrages, il suffit de pointer cette petite baguette magique vers l’objet que l’on veut contrôler pour que l’interface de la Smart Remote s’adapte automatiquement.

Dirigée vers le thermostat, par exemple, elle fera ainsi apparaître une réglette de températures. Alors qu’orientée vers une ampoule offrant différentes couleurs, elle se transformera en palette lumineuse. La télécommande de Seven Hugs est déjà compatible avec plus de 25.000 objets connectés. Actuellement en précommande au prix de 229€ sur le site de site de financement participatif Indiegogo, elle sera commercialisée à l’automne 2017 au prix de 299€.

3 – Le tatouage connecté Rotex

Les bracelets trackers d’activité à la Fitbit ont lancé la tendance du monitoring du corps humain en continu.

Rotex Solutions va encore plus loin avec une gamme de « tatouages connectés ». Il s’agit de stickers qui permettent de capter les pulsations cardiaques, le rythme de respiration, la température corporelle, le niveau d’hydratation, la pression sanguine, les biomarqueurs de la sueur, l’activité cérébrale, ainsi que les signaux musculaires.

Les cas d’usages sont donc nombreux pour ce qui n’est encore qu’un prototype (pour l’instant associé à une sorte de clé usb pour émettre les données, qui va à terme disparaître). Ces stickers permettront par exemple de faire de la surveillance médicale en continue pour des personnes fragiles ou à des sportifs d’analyser de manière très poussée leurs performances. En captant les signaux électriques des muscles, Rotex offre la possibilité de manipuler des objets et interfaces sans autre équipement (manette, clavier, boutons, etc.) offrant ainsi de nouvelles possibilités en matière d’interfaces homme-machine (IHM).

4 – L’accélération sur la voiture autonome avec NVidia

C’est désormais un fait pour le secteur automobile, le CES est devenu l’événement annuel le plus important sur le sol américain, plus encore que le North American International Auto Show de Détroit, qui vient de débuter. Le CES représente la double opportunité pour les constructeurs de : 1- toucher une cible plus large que celle des seuls amateurs de l’automobile ; et 2 – de se rapprocher de nouveaux partenaires en vue de développer des véhicules de plus en plus intelligents et autonomes.

Dans cette catégorie, l’acteur le plus remarqué cette année est sans conteste NVidia. Le constructeur de cartes graphiques, à l’origine pour le jeu vidéo, se positionne comme un chaînon incontournable de l’intelligence artificielle, qui est à la base du fonctionnement des voitures autonomes. Deux annonces ont illustré cette démarche lors de la keynote de Jen-Hsun Huang, fondateur et CEO de NVidia. La première, ce sont les tout nouveaux partenariats avec deux équipementiers majeurs que sont ZF et Bosch. La seconde, c’est la présentation en avant-première mondiale de Xavier, une carte comprenant tous les composants nécessaires aux calculs de la voiture autonome. NVidia a déjà signé avec Audi pour l’accompagner dans la production de ses premiers véhicules autonomes de catégorie 4 (conduite autonome complète sans intervention d’un conducteur) promis d’ici 2020 !

5 – Les écouteurs réinventés de Orosound

Chaque année au CES, on voit éclore des catégories de produits. Pratiquement absentes jusqu’ici, elles se déclinent soudain, sous de multiples formes, tirées par un besoin consommateur ou des évolutions technologiques qui donnent à plusieurs équipes la même idée au même moment. C’est le cas cette année des écouteurs intra-auriculaires intelligents.

Après la folie des casques audio de ces dernières années, ce sont les écouteurs qui se dotent de nouvelles fonctionnalités avec trois axes majeurs : disparition totale des câbles, personnalisation à la morphologie unique de chaque oreille et maîtrise du bruit ambiant.

C’est sur ce 3ème axe que les français de Orosound ont travaillé pour proposer Tilde, des écouteurs tout particulièrement adaptés au travail en open space ou environnement bruyant. Le dispositif se présente sous la forme d’écouteurs que l’on peut connecter en bluetooth à n’importe quel appareil compatible et d’une sorte de collier ouvert sur lequel on trouve des micros et les commandes pour maîtriser l’annulation du bruit ambiant notamment.

Tilde bénéficie également d’un mode Talk-in-Noise Mode qui permet d’atténuer le bruit ambiant, tout en entendant très distinctement la personne avec qui l’on discute de visu. Doté d’un son hifi, d’un poids très raisonnable de 40g, d’un design ergonomique et d’un autonomie annoncée de 8 à 20 heures, Tilde sera commercialisé par Orosound en mai 2017 au prix de 290 euros.

6 – La pollution dans sa maison n’est plus une fatalité avec Rium

On l’ignore souvent, mais la radioactivité naturellement contenue dans le sol est un enjeu sanitaire majeur. Par exemple, le gaz radon présent dans les maisons en particulier seraient la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme. Maison connectée oblige, on voit apparaître des solutions qui vise à prévenir ces risques en les mesurant et en agissant.

Les Français de Icohup proposent l’une de ces solutions baptisée Rium. Elle se présente sous la forme d’un boitier qui va mesurer en permanence tous les types de radioactivité et identifier leurs origines. Associé à une application pédagogique, il permet à l’utilisateur d’être alerté lorsqu’il devient par exemple nécessaire d’aérer la maison.

L’idée est à terme d’associer Rium au système intelligent de ventilation de la maison pour que cette aération se fasse de manière automatisée, sans que les occupants aient à s’en soucier. Rium a également vocation à devenir un système de cartographie citoyenne pour permettre une surveillance étendue des risques liées à la radioactivité. Icohup est pour l’instant en phase de financement participatif sur Indiegogo.

7 – Se connecter en Wifi en toute sécurité avec Keezel

Les consommateurs et citoyens sont de plus en plus sensibilisés aux risques de la diffusion de leurs données en ligne. Les lots de scandales et de révélations de ces dernières années font monter un sentiment d’insécurité vis-à-vis des entreprises peu scrupuleuses, des hackers et même de agences de surveillance gouvernementale. On voit ainsi cette année apparaître des solutions diverses de protection et encryptage des données.

Parmi elles, nous avons remarqué Keezel, un petit boitier hollandais qui permet de se connecter sur les wifi publics en toute sécurité. Keezel est en précommande à partir de 139$. La société a lancé à l’occasion du CES une édition “Presidential” à 299$. Entièrement dorée et coiffée d’une mèche de cheveux blonds, elle évoque bien évidemment avec décalage le futur président américain pour mieux mettre en avant la nécessité de protéger ses données dans un “monde post-élection américaine”.

8 – Apprendre les sciences avec Albert Einstein

La robotique sort peu à peu des laboratoires et des universités pour se retrouver sous la forme de produits à destination du grand public. Si pour l’instant c’est surtout le Japon qui a été un terrain de jeu des robots commerciaux, on voit poindre de nouvelles initiatives qui tirent partie des progrès réalisés en reconnaissance du langage naturel notamment.

La société Hongkongaise Hanson Robotics fait parler d’elle depuis plusieurs années avec des expérimentations très futuristes qui visent à créer des robots humanoïdes aux capacités d’interactions sociales toujours plus poussées. A l’occasion du CES 2017, elle dévoile Professor Einstein, un robot à l’effigie du célèbre scientifique dont la vocation est d’aider à apprendre les sciences en s’amusant.

Capable de 50 expressions faciales réalistes, de reconnaître les voix et de tenir des conversations naturelles, il répond à un large panel de questions liées aux sciences. Il est également associé à des jeux et applications pour mobiles et tablettes, qui sont le socle de ce programme d’apprentissage. Professor Einstein existe en deux versions. L’une, à taille humaine et aux expressions particulièrement réalistes, est une version d’étude. L’autre de 36cm, plus ludique, sera commercialisée sur KickStarter à partir du 23 janvier 2017.

9 – Le parking partagé par ParkMatch

L’automobile est au cœur du CES 2017, mais pas seulement dans les voitures elles-mêmes. L’évolution des modes de mobilité amène à repenser à terme l’urbanisme et les réseaux. Dans une moindre mesure et dans un futur plus immédiat, le sujet du parking offre de nouvelles opportunités d’innovations.

La startup française Parkmatch a créé par exemple un service de location de place de parking. Elle met donc en relation les automobilistes qui recherchent une place de parking et les places mises à disposition par d’autres utilisateurs. Les places peuvent être réservées à l’avance ou prises au dernier moment.

Si d’autres systèmes équivalents ont déjà tenté de s’imposer, l’approche de ParkMatch innove en n’obligeant pas les loueurs et les automobiliste à se rencontrer pour se passer les bips d’ouverture des portes de parking. ParkMatch va en effet proposer un petit porte-clé qui va se synchroniser avec la fréquence de chaque bip faisant ainsi office de clé universelle (mais uniquement pour le parking réservé à un instant donnée). Pour l’instant à l’état de prototype, la solution va être prochainement testée à Lyon avant de s’étendre en France.