En ce deuxième jour du CES 2016, Le Lab continue son exploration des conférences et stands des petits acteurs émergents comme des géants du secteur. Cela nous a permis de dresser un nouveau constat : la fulgurante accélération du développement de catégories de produits encore récentes.

Avec la keynote d’ouverture du jour, le président de Samsung a donné le ton avec son mantra :

Future is today

 Dr. WP Hong – President Samsung

 

Que ce soient pour les drones, les scanners et imprimantes 3D ou les casques de réalité virtuelle, les progrès réalisés ces derniers mois ont été très impressionnants. La preuve en est la multiplication des acteurs qui envahissent les travées du salon. Alors qu’il y a peu, ces sujets n’étaient explorés que par quelques rares sociétés émergentes ou des projets kickstarter, ce sont aujourd’hui des dizaines de solutions et produits qui sont proposés pour chacune de ces catégories.

En 2010, Parrot était le seul constructeur à mettre les drones sur le devant de la scène pour le grand public avec son AR Drone. Aujourd’hui, DJI, Hexo+, ou encore Fleye tiennent le haut du pavé et sont suivis de près par une horde de constructeurs asiatiques, parfois au mépris des règles en matière de propriété intellectuelle.

Deux facteurs expliquent cette accélération. La nature même des projets de crowdfunding justement, permet à de bonnes idées de passer rapidement en phase de production. L’autre source c’est l’intérêt des grands constructeurs de composants comme Bosch, Intel ou Texas Instruments qui ont rapidement pris le train en marche et proposent des capteurs, moteurs et autres composants performants. Ainsi les nouveaux arrivants n’ont pas à concevoir de bout en bout les produits, mais peuvent s’appuyer sur ces éléments pour réaliser des solutions complémentaires et complètes. Qualcomm par exemple réalisait une démonstration impressionnante sur un stand à part au cœur de la zone dédiée aux drones justement. Faisant la démonstration de la puissance de son processeur Snapdragon 801, la société a mis au point ce qui est probablement la première réalisation réellement convaincante d’un drone autonome, capable d’analyser en temps réel son environnement pour se diriger de lui-même.

De même, pour les casques de VR, au côté du gigantesque stand Oculus (minimum 30 minutes de queue pour y pénétrer), on trouvait AntVR, le Playstation VR de Sony, le HTC VIVE et beaucoup de plus petits acteurs. Samsung est probablement celui qui a mis le plus de moyen dans ce CES pour se positionner sur ces produits avec le Gear VR2 et son experience de 4D Theatre avec des dizaines de sièges dynamiques.

Les imprimantes 3D évoluent dans un cadre similaire, avec une explosion de l’offre et des nouveaux produits par dizaines. Nous prenons d’ailleurs le pari qu’il est un segment de marché connexe qui devrait prendre le même chemin, celui des scanners 3D. En plus du Structure, sur lequel nous travaillons au Lab depuis près d’un an, on trouve par exemple le Sense 2, le fuel 3D ou encore le projet Kickstarter de scanner pour smartphone Bevel.

A l’inverse, il est un domaine qui fait parler de lui depuis déjà longtemps et qui donne pourtant l’impression de ronronner, c’est celui de la maison connectée. Le sujet est clairement l’une des tendances phares, une fois encore, du CES, mais il donne néanmoins l’impression de ne pas évoluer de manière significative. Certes, les produits finis mis sur le marché par les géants comme Panasonic ou Samsung sont nombreux, mais les cas d’usages qui sont présentés semble se répéter d’années en années. Le sempiternel frigo connecté semble par exemple avoir de la peine à convaincre le grand public. Une table ronde, intitulée Defining the internet of things, apportait d’ailleurs un éclairage intéressant sur ce point précis. Le distributeur Target insistait sur la nécessité qu’il y a encore à éduquer le consommateur et à démystifier la maison connectée. L’ensemble des intervenants s’accordaient par ailleurs sur le fait les consommateurs ne sont pas réellement intéressés pas le concept même de maison intelligente. Ce qu’ils sont cependant en mesure d’adopter, ce sont des solutions et des services avec une valeur d’usage immédiate. D’ailleurs, pour Intel, plus les capteurs et objets connectés seront nombreux dans la maison et plus cette valeur ajoutée pour le consommateur sera évidente. Intel souligne ainsi que deux des principaux challenges auxquels se confrontent les acteurs de la maison connectée, sont la sécurité et l’interopérabilité. Ericsson complète cette vision en insistant sur l’autre défi posée par la durée de vie des batteries, de la couvertures des réseaux pour connecter tous ces objets et enfin du prix des appareils.

Les difficultés rencontrées par la maison connectée en comparaison avec les autres technologies que nous évoquions est la fragmentation du secteur : il regroupe une variété d’acteurs aux prérogatives parfois divergentes, dont les succès sont interdépendants. Si le Dr. WP Hong a tant insisté sur la nécessaire interopérabilité des écosystèmes de l’internet des objets, c’est qu’il a bien intégré le fait que c’est une condition indispensable pour que ce futur dont il parle ait bien lieu aujourd’hui.