Le Lab Digest, c’est la sélection hebdomadaire des liens et actualités qui nous ont interpellés : vos photos analysées par l’IA de Facebook, l’automatisation du travail et le New York Times’ 2020.

 

Ce que Facebook comprend de vos photos
Dans la bataille que se livrent les géants de la Silicon Valley, l’intelligence artificielle est omniprésente. Un cas très concret et répandu est celui de la reconnaissance d’images. Vous ne le savez peut-être pas, mais Facebook analyse ainsi toutes les images qui sont publiées sur la plateforme. Pour mieux s’en rendre compte, voici un plugin à ajouter au navigateur chrome. Une fois activé, ils vous permet de découvrir tous les tags associés par les robots de Facebook aux photos de votre timeline.
Si Facebook affirme que ces taggages visent notamment à travailler l’accès à sa plateforme par les déficients visuels, on se doute que sa volonté est au moins autant d’en savoir toujours un peu plus sur ses membres à des fins de ciblage publicitaire.

 

L’automatisation du travail dans le détail
Le McKinsey Global Institute a sorti une nouvelle étude sur l’automatisation du travail qui pointe qu’une grande partie de travail réalisé par les humains peut dores et déjà être réalisé par des machines et des algorithmes. Rien de très surprenant à cela. Ce qui est plus intéressant, c’est que cette étude ne se contente pas d’étudier les emplois totalement automatisés et ceux qui ne le seront pas, mais va plus dans le détail en analysant la part de chaque emploi qui peut être automatisé.
Pour McKinsey 49% des activités pour lesquelles les gens sont payés peuvent être automatisée avec des « technologies déjà démontrées ». Cela correspond à 15.8 trillions $ en salaires pour 1,1 milliards de personnes. 5% des emplois d’aujourd’hui pourraient ainsi déjà être entièrement automatisés. Et surtout, au moins 30% des activités pourraient être automatisées pour 60% des emplois. Autrement dit, l’automatisation ne concerne pas uniquement les emplois peu qualifiés et répétitifs. Nous sommes pratiquement tous concernés à des degrés divers, mais rarement négligeable. A titre de comparaison, l’étude rappelle que la part des emplois aux Etats-Unis situés dans les fermes agricoles est tombée de 60% en 1900 à 2% en 2000 et que la part des emplois de fabrication (usines, artisanat, etc.) est passée de 25% à 1950 à 10% en 2010.

 

New York Times’ 2020
Autre publication intéressante cette semaine : le New York Times’ 2020. Il s’agit d’un rapport dans lequel le célèbre titre détaille sa vision à long terme de son propre business model. Il fait ainsi le point sur le bilan à date du journal et de sa mue digitale et explique ses  ses perspectives d’ici 3 ans. Au-delà du cas très spécifique du NYT, ce rapport donne une vision précieuse de l’évolution du secteur de la presse. Après avoir couru après l’audience pour maximiser leurs revenus publicitaires, les grands journaux qui réussissent aujourd’hui à prendre le meilleur du virage digital pourraient être ceux qui visent désormais une stratégie centrée sur l’abonnement, l’excellence journalistique, la notion de club et, pourrait-on dire, l’expérience utilisateur. Le marché publicitaire en ligne est aujourd’hui trusté par les deux géants que sont Google et Facebook. Il devient de plus en plus compliqué pour les titres media de lutter en matière d’audience et le choix de la stratégie de niche peut s’avérer salvateur. Si le secteur de la presse a été l’un des premier touché par la vague internet, sa mue est loin d’être achevée. Il est donc opportun pour les acteurs des autres secteurs d’étudier le chemin parcouru par les précurseurs et les innovateurs tels que le New York Times.