Article publié initialement sur Programmez.com.

S’il y a bien un sujet qui est dans les pensées de tout le monde en ce moment, c’est bien l’intelligence artificielle. On a pu voir ses usages exploser ces dernières années, que ce soit pour la reconnaissance linguistique, vocale, d’image… A cela se sont greffés les assistants, ces compagnons censés nous aider dans la vie de tous les jours.

Dans cette guerre de l’IA et des assistants, tout le monde ne se bat pas à armes égales, que ce soit d’un point de vue des connaissances, de la capacité à « éduquer » l’IA (machine learning) ou à l’avance déjà prise dans le sujet.

L’omniprésence de Amazon Echo et Alexa

En parlant d’avance (et c’est peu de le dire) : Amazon avec son Amazon Echo et Alexa a dégainé le premier. Haut de ses 2 ans de mise en service, l’Amazon Echo s’est vendu à plus de 5 millions d’unités et cela n’est pas près de s’arrêter. Près de 7000 skills (actions développées par des sources externes à Amazon permettant de plugger ses services à Alexa) existent déjà. Amazon Echo était omniprésent au CES sans pour autant détenir de stand propre. Et c’est bien ça qui est le plus surprenant, quasiment tous les objets connectés de la smarthome à la voiture en passant par les robots intégraient l’Amazon Echo.

Whirpool, Ford et même Samsung, tous ces grands noms présentaient des objets connectés à Alexa.

Lenovo, pour sa part, a fabriqué sa propre enceinte intégrant la technologie et Huawei le fabricant de smartphone, ne pouvant intégrer le Google Assistant précieusement gardé par Google pour la partie smartphone (pour le Google Pixel), a choisi Alexa comme assistant.

A noter qu’Amazon (comme l’atteste cet Amazon Echo géant) était tout de même présent pour animer des sessions dédiées aux développeurs qui ont toutes très vite étaient prises d’assaut.

Impressionnante démonstration de Google Home avec la nouvelle TV Bravia de Sony

Toujours au sujet des assistants, le Google Home était présent, mais dans une moindre mesure.

Beaucoup de stands proposaient des démonstrations avec l’assistant, dont celui de Sony avec une magnifique démo de l’interaction entre l’assistant et la nouvelle télévision Bravia intégrant Android TV. Nous avons d’ailleurs été bluffés par la reconnaissance vocale du Google Home, bien plus que de l’Echo, et ce malgré tout le bruit inhérent au salon. Si Google compte moins de partenaires que son rival, ils sont pourtant de taille, comme nous vous le disions dans notre article sur la Keynote Nvidia, le shield (box Android TV) intègre l’assistant de Google ainsi que ses micros directionnels nommés spots.

Même si les partenaires (et intégrateur du Google Home) se comptent sur les doigts d’une main : Audi, Hyundai, Nvidia… ils comptent parmi les partenaires de qualité. Etant donné sa jeunesse, et donc le retard à rattraper pour Google, nous verrons donc si 2017 sera profitable pour l’assistant du moteur de recherche.

Google a profité du CES pour annoncer sur son blog l’intégration du Google Assistant sur les prochaines versions d’Android TV, voici d’ailleurs une vidéo d’une démonstration de l’interaction imaginée par Nvidia et son shield.

Les assistants, le nouveau fer de lance des startups

On constate que l’émergence des assistants est une vraie tendance. Pour preuve, les startups présentent à l’Eureka Park (lieu dédié aux startups au CES) se sont essayées avec plus ou moins de succès au développement de leur propre assistant à l’image de Bonjour, cette startup française qui propose un Amazon Echo like doté d’un écran. Le produit et le design sont plutôt bien finis, mais le souci est le manque d’ouverture aux développeurs, ce qui fait justement le succès d’autres. On a pu également voir d’autres assistants, sans grande valeur ajoutée par rapport à la concurrence, mais qui démontrent bien que ce domaine est une tendance majeure. Il y en a tout de même deux qui ont retenus notre attention, le premier est Olly (découvrir Olly).

Le second est memoo par C-way. Ce réveil connecté permettra aux enfants d’accéder à des contenus qui leurs sont destinés, mais aussi aux parents pour pouvoir ajouter des penses bêtes (ou autres) à destination de leurs chérubins. Ne souhaitant d’ailleurs pas être un « autre clone » d’Alexa, la startup s’est associée à Amazon pour étudier comment intégrer son réveil avec la technologie Alexa.

Un sage réflexe qu’a eu cette startup, mais que de manière assez étonnante, toutes les startups proposant un objet connecté pour la maison n’ont pas. C’est peut-être ce qui nous a le plus surpris. Dans cette guerre des objets connectés, il nous semble bien dangereux de ne pas profiter d’une intégration à un système existant, alors que tous les fabricants en place le proposent. Cela oblige donc d’avoir une énième application pour gérer un objet en particulier, quitte à le rendre inutile et obsolète. Peut-être par faute de temps ou de connaissance, il est certain que ces startups devront rectifier le tir pour continuer à exister.

L’IA : la cour de jeu des acteurs majeurs

C’est du côté intelligence artificielle pure que le bât blesse. Alors que l’on s’attendait à voir des objets connectés intégrant de l’IA nous n’en avons vu que très peu (en dehors d’intégration avec les assistants). Cela s’explique sûrement par le fait que développer une IA, ou un même un modèle, apprendre à cette IA et la rendre suffisamment « intelligente » nécessite énormément de temps et donc d’argent ainsi que beaucoup de Data pour le machine learning.

Ce sont seulement les grands Groupes tels que Google, Amazon ou encore NVidia et son IA de voiture autonome qui ont aujourd’hui la capacité pour développer et mettre en place une IA performante. C’est d’ailleurs le cas de Qualcomm, qui n’est clairement pas en reste outre le fait que ses puces Snapdragon sont présentes partout (drone, objet connecté, smartphone, …). Qualcomm lors de sa keynote a fait une démonstration de leur drone autonome embarquant leur plateforme Snapdragon Flight (présente dans énormément de drones) où l’on a pu voir des drones reconnaissant les obstacles, les personnes et adapter leur vol en fonction.

Reste à voir si cette tendance se confirmera en 2017, ou si au contraire, l’utilisation et le développement d’IA vont se démocratiser notamment grâce à des plateformes comme celle de tensorflow de Google. En tout cas, il est clair que cette année la bataille des assistants va faire rage. Il reste malgré tout à noter que, que ce soit Amazon Echo ou Google Home aucun de ces assistants n’est encore disponibles en français et pour l’instant seules peu de langues sont disponibles chez l’un comme chez l’autre. Ces géants vont devoir continuer de travailler pour faire de cette tendance réservée aux Etats-Unis et quelques autres pays (anglo-saxons notamment), une tendance mondiale.