Du 17 au 20 janvier se tient à New York l’édition 2016 du Retail’s Big Show, plus souvent appelé NRF, du nom de son organisateur. Le Lab a fait le déplacement pour aller explorer et analyser les tendances et innovations du plus grand événement annuel dédié au secteur de la distribution.

 

Le retail est digital car le monde est digital
La première chose qui frappe le visiteur en pénétrant le Jacob K. Javits Convention Center, c’est la profusion des solutions et acteurs du numérique. Ce événement ne cible pourtant pas les pure players du e-commerce, mais ceux qui ont un, voire les deux pieds dans le monde physique. Les exposants qui proposent des produits 100% offline se comptent pourtant sur les doigts d’une main. Alors que les 600 autres entreprises qui sont venues répondre aux attentes, aux besoins et parfois aux inquiétudes des retailers proposent toutes des produits et services qui sont connectés ou basés sur des technologies numériques. Même les outils du magasin physique que sont les caméras, les étiquettes, les caisses, les cabines d’essayage ou les étagères des rayons, etc. n’échappent pas à ce phénomène du tout digital et du tout connecté.

Voilà d’ailleurs le principal défi auquel est confrontée l’industrie de la distribution selon Kip Tindell, dans sa keynote d’ouverture de la NRF :

Keep brands competitive in a digital world

 Kip Tindell, Chairman of the board & CEO, NRF

Le retail est data car le digital est data
Lors de la première grande conférence de la journée, Steve Joyce, président & CEO de la chaîne d’hôtellerie Choice Hotels a souligné que la technologie modifie en permanence le paradigme concurrentiel, les menaces les plus préoccupantes venant par ailleurs des concurrents non-traditionnels. Mais en contrepartie, la technologie offre selon lui des opportunités inédites, impensables il y a seulement 15 ans, de mesure de la performance de presque toutes les typologies d’actions des retailers.

Et c’est un argument que semblent avoir bien retenu les exposants du salon. Face à un secteur de la distribution que d’aucuns qualifient de moribond, la possibilité de quantifier et d’analyser toutes les actions réalisées dans un magasin laisse en effet présager la tangibilité rassurante des retours sur investissement. Qu’il s’agisse ou non de la vocation première d’une solution, tout est sujet à analytics.

Instore Analytics
De nombreuses sociétés se sont ainsi positionnées sur le créneau du comptage du trafic magasin et d’analyse de flux avec des solutions plus ou moins perfectionnées. Les Canadiens de Prodco, par exemple, utilisent le wifi des magasins et la MAC Adress du consommateur (identifiant unique de son terminal mobile) associés aux caméras de surveillance (3D ou thermiques) et à des bornes beacon utilisées de manière inattendue (ce sont les vendeurs qui portent les bornes pour être décomptés). Ce système offre ainsi une vision très précises des flux en magasins. La solution comprend aussi des applications de dashboards et d’alertes, à destinations de équipes magasins, et de reportings plus globaux pour les responsables de secteurs ou les équipes du siège.

Alerttech, quant à elle, propose une solution d’équipement et de gestion des cabines d’essayage. Il s’agit d’installer des écrans et des capteurs à l’intérieur des cabines ainsi que des écrans à l’extérieurs pour permettre au consommateur d’interagir avec les vendeurs (par exemple demander un autre produit). Les commerciaux de cette solution déjà installée chez Victoria Secret et H&M, mettent l’accent sur la collecte d’informations précieuses sur l’occupation des cabines, et surtout l’essayage des produits et leur corrélation avec l’acte d’achat.

Intel expose sur son stand des présentoirs nouvelle génération équipés de détecteurs de mouvements et d’écrans capables de présenter des informations supplémentaires sur un produit pointé par un consommateur. C’est, là encore, l’argument de l’analyse des produits les plus manipulés qui semble faire mouche auprès de l’auditoire.

NRF16

A quelques mètres de là, le constructeur s’est associé à Levi’s pour une démonstration d’étiquettes RFID qui permettent notamment de générer un inventaire temps réel des produits et aussi d’offrir des services supplémentaires en cabine d’essayage. Une nouvelle fois, c’est la capacité du système à monitorer le parcours des produits en magasin, à générer des corrélations entre les parcours clients captés par les caméras et zones de merchandising qui éveille l’intérêt des distributeurs présents.

Levis  Levis2

Cette démonstration a d’ailleurs été co-réalisée avec un troisième intervenant : RetailNext qui est l’un des exposants qui symbolisent sans doute le mieux cette tendance. Cette startup, qui a levé pas moins de 125 millions $ en 2015, s’est donnée pour ambition de réinventer le commerce. Sa plateforme big data agrège ainsi les données issues de ses capteurs intelligents Aurora, qui mesurent le trafic et les interactions des consommateurs en magasins, et les associe à d’autres sources : flux transactionnels, système de gestion du personnel, calendrier promotionnel, météo, etc. Les gérants des magasins et des enseignes ont alors accès à des analyses de la performance de leurs actions et à des insights très poussées sur les comportements de leurs consommateurs.
Avec de telles solutions les retailers du monde physique commencent seulement à pouvoir bénéficier des mêmes outils et analyses que les e-commerçants. On peut même considérer que ces analyses peuvent devenir la source d’une information plus riche, compte tenu de la présence physique des consommateurs sur le point de vente (analyse des émotions, du langage corporel, des comportements de groupe, du dwell physique, etc.).