Avec cette troisième journée, l’heure est déjà au bilan de cette édition 2016 du Retail’s Big Show : la révolution du retail n’en est qu’au début.

En arpentant les allées de la NRF, le visiteur averti n’aura pas été particulièrement surpris. En effet, d’un point de vue strictement technologique, cette édition n’a pas connu de bond en avant. Ceux qui attendaient le prochain beacon, ou le nouveau RFID ont pu être déçus. Mais cette édition du plus grand salon du monde dédié au secteur de la distribution n’en était pas moins riche d’enseignements. 2016 est une année de maturité et qui marque probablement un certain calme avant la tempête qui s’annonce.

Cette année, nous avons vu des technologies qui, encore expérimentales il y a peu, sont désormais présentées sous la forme de cas d’usages et de produits finis clé en main. La RFID par exemple était présente sur de très nombreux stands. Les solutions présentées sont très abouties et il est impensable de ne pas la voir se diffuser de manière beaucoup plus large. Elle est au cœur de nombreux scenarii de magasins intelligents qui permettent à la fois des gains d’efficacité pour le commerçant et des expériences de consommation beaucoup plus riches pour les clients. Dans un magasin de vêtements par exemple, en équipant les étiquettes de puces RFID, l’inventaire, jusqu’ici fastidieux et chronophage devient plus rapide tout en réduisant significativement la marge d’erreur. Des sociétés comme Catalyst proposent différents appareils qui vont du pistolet-scanner connecté à un smartphone (pour une mise à jour en temps réel dans le cloud), jusqu’à un robot autonome qui circule tout seul dans les rayons et affiche un taux d’erreur quasiment nul.

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La RFID est également associée à des cas d’usages d’écrans, de miroirs qui s’avèrent sources de valeur pour le consommateur. Par exemple, la marque de vêtements Lucky Brand utilise un miroir connecté installé en cabine d’essayage. Le miroir est capable de reconnaître tous les produits amenés en cabine par le consommateur qui accède alors à des contenus et fonctionnalités complémentaires. Il peut par exemple demander une autre taille que viendra lui apporter un vendeur. Il peut également se prendre en photo et l’envoyer à un ami ou à lui-même. Le système connaissant la référence exacte du produit, il pourra y associer un bouton « acheter ». Le consommateur est ainsi en mesure de prolonger son shopping comme il l’entend à travers une expérience omnicanale sans couture.

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Ce qui est vrai pour la RFID l’est tout autant pour le NFC, le LiFi, et toutes les solutions d’analytics associées que nous évoquions le premier jour de ce Retail’s Big Show. Cette maturité de la technologie arrive à point nommé pour un commerce physique qui s’apprête à connaître des bouleversements sans commune mesure avec ce qu’il a connu jusqu’ici. Aujourd’hui, une conférence était particulièrement éclairante à ce sujet. Lee Peterson de WD Partners a ainsi développé une analyse pertinente de la situation actuelle du retail : il est au creux de sa troisième grande vague. La première vague, au début du XXième siècle avait été celle du développement du commerce de détail, un commerce de proximité basé sur le conseil et le savoir-faire de boutiques indépendantes. La deuxième vague fut celle du développement à grande échelle, de la massification, de l’apparition des grandes chaînes et de l’accroissement des surfaces de ventes.

La troisième vague apparaît, quant à elle, en réaction au développement des pure players du e-commerce, avec à la fois l’essor des super géants comme Amazon (39% du CA des ventes en ligne de l’année aux Etats-Unis!) et Alibaba (plus 1000 milliards de dollars de CA ces 3 dernières années!), et les autres disrupteurs qui apparaissent chaque jour avec les services par abonnement Jet.com ou les applications de ventes par messagerie comme Depop pour ne citer qu’eux.

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Le constat de M. Peterson est sans appel. Les distributeurs physiques n’ont absolument aucune chance s’ils veulent s’attaquer frontalement aux géants. Leur seule chance est de repenser intégralement l’expérience shopping à travers les yeux de leurs consommateurs (comme nous vous en parlions d’ailleurs hier). Pour ne pas être submergés par cette troisième vague, mais au contraire la surfer et en tirer parti, les retailers sont condamnés à adopter les tactiques suivantes :

  1. Quality over everything – la guerre des prix face à Amazon et Alibaba est perdue d’avance, il faut miser sur la qualité de la mise en scène, la qualité de la sélection, la qualité du lieu, la qualité des vendeurs, etc.
  2. Anyway you want it – c’est le consommateur qui dicte le où, le quand et le comment, il faut s’y adapter.
  3. Break the rules – se réinventer est un impératif. Le faire avant les autres, c’est encore mieux.
  4. Simple, Simple, Simple – se mettre au service du consommateur et lui faciliter la vie.
  5. Be the brand – Être honnête et cohérent avec sa promesse. Favoriser la transparence.

On ne peut qu’abonder avec cette analyse, mêmes si encore d’autres solutions existent. Mais nous ajouterons également que, pour chacune de ces tactiques, de ces ambitions, la technologie est un formidable accélérateur. Elle n’est bien évidemment pas la réponse pré-mâchée à tout, mais elle peut énormément contribuer à faciliter la vie des consommateurs comme des vendeurs, à créer des expériences plus riches et plus profondes, et à rendre le commerce plus profitable.

Chris Sanderson co-fondateur du Future Laboratory, lors de son intervention intitulée Mega trends rising : Future proofing brands, avait d’ailleurs emprunté une formule qui synthétise très bien la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le secteur de la distribution :

The future is here. It’s just not very evenly distributed.

 William Gibson

Autrement dit, la technologie et les stratégies vertueuses qui vont avec sont à portée de main. Il suffit de la comprendre et de savoir l’appréhender. C’est une tâche ardue, mais le Lab SQLI peut vous accompagner.