Le Salon de l’Automobile est l’un des événements incontournables de New York pour les férus d’automobile. Depuis 1990 le salon réunit de nombreux acteurs liés au secteur, et depuis quelques années les innovations technologiques font l’objet de toutes les attentions. Le salon en deux chiffres c’est : un espace de 88 000 m² et plus de 1000 véhicules exposés. Le Lab SQLI était sur place en avril dernier pour dénicher les nouvelles tendances. Ni Tesla, ni de constructeur français était présent et s’il y avait un constructeur à retenir, ce serait Ford.

LA RÉALITÉ VIRTUELLE SUR PRESQUE TOUS LES STANDS

S’il est un domaine technologique prégnant sur le salon, c’est bien la réalité virtuelle. La grande majorité des stands proposaient une expérience en immersion afin de tester une voiture, de découvrir l’intérieur de véhicules haut de gamme ou d’entrevoir le futur. La réalité virtuelle est le nouvel outil de vente des constructeurs automobiles.

Ford a par exemple développé une animation appelée City of Tomorrow dont le but est d’explorer les solutions de demain permettant d’améliorer la circulation en milieu urbain. Assis sur un siège spécialement conçu, le testeur se retrouve au sein d’une machine volante s’élevant au-dessus d’une ville imaginaire. En prenant de la hauteur, il peut observer les innovations conçues par le constructeur en action : véhicule autonome, voiture électrique, routes repensées pour plus de fluidité et de sécurité… Le contrôle dynamique du siège simule les forces d’accélération et de virage. Cette simulation a été mise en place chez un concessionnaire du Connecticut et va progressivement s’étendre à tout le réseau de distribution de Ford.

Chevrolet a pour sa part ouvert le Virtual Dynamics Lab. Ce dispositif invite les visiteurs à découvrir les nombreux tests que les voitures doivent subir avant d’être mises sur le marché. Le client potentiel peut donc tester le véhicule dans des conditions extrêmes sans compétences spécifiques de pilotage.

La VR permet de transformer l’expérience client en concession. Toutefois si ce type d’expérience est attractive et ludique, et que les constructeurs maîtrisent l’art de la mise en scène, les contenus sont pour l’instant d’une valeur ajoutée discutable. De plus, le format vidéo ne permet pas de remplacer entièrement le test d’un véhicule sur route pour convaincre le potentiel acheteur.

LA VOITURE SERA CONNECTÉE OU NE SERA PAS

La voiture devient une plateforme de communication : c’est un marché conséquent. Les revenus estimés liés à la voiture connectée devraient atteindre les $8.21 milliards d’ici 2021. Et sur ce marché, des acteurs comme Amazon commencent à se positionner avec des partenariats avec des constructeurs. “Alexa, ferme ma voiture” pourrait devenir la phrase de 2018-2019.

De son côté Microsoft a développé une plateforme cloud reposant sur Microsoft Azure. Renault-Nissan est le premier groupe automobile à s’être engagé à y avoir recours pour concevoir ses prototypes de véhicule connecté. Qualcomm produit également ses propres solutions d’écosystème.

Parmi les constructeurs, Ford semble de nouveau en tête de peloton. Avec sa plateforme Sync App, Ford cherche à être le leader sur ce secteur en incorporant la commande vocale dans ses nouveaux modèles et en s’alliant avec différents fournisseurs de services. Demain, lorsque l’on achètera une Ford, on achètera aussi un ensemble de services qui ne sont pas forcément liés à l’utilisation de la voiture. Il sera par exemple très simple de commander son dîner à bord de son véhicule sur le chemin du retour après une journée de travail.

UN MONDE SANS CHAUFFEUR

On s’en doutait, de nombreux constructeurs proposaient durant ce salon leurs offres de voiture sans chauffeur. Nvidia vient d’ailleurs d’annoncer le lancement de Drive Constellation, un nouveau module de simulation dont le but est d’entraîner les systèmes de conduite autonome virtuellement en amont de leur déploiement sur la route. Deux exemples repérés lors du salon sont à noter : Ford et Jaguar.

Ford a présenté son concept de voiture sans chauffeur pour livrer des pizzas. Le véhicule est équipé de dizaines de capteurs sur le toit et va être déployé sur une période de 2 mois à Miami, ville qui a besoin de décongestionner ses routes, en partenariat avec Domino’s Pizza. Le plus intéressant dans ce test est que Ford a décidé de garder une personne à bord de la voiture durant ce test pour simuler la présence d’un chauffeur.

Le constructeur américain serait donc suffisamment confiant vis-à-vis de sa technologie pour s’intéresser encore plus au comportement des piétons et des consommateurs ayant recours à la livraison. A suivre.

Jaguar Land Rover a mis en avant sa collaboration avec Waymo, filiale d’Alphabet. A travers ce partenariat, 20 000 pièces du nouveau modèle électrique I-Pace de Jaguar Land Rover, utilisant la technologie de conduite autonome de Waymo, vont s’ajouter à la flotte de taxis sans chauffeur d’Alphabet dans les deux années à venir. Les premiers prototypes devraient arriver sur les routes fin 2018 pour une phase de test public. Pour Jaguar Land Rover le but est de proposer un moyen de transport premium pour lequel les utilisateurs n’hésiteront pas à dépenser plus pour se déplacer. Les 2 partenaires ont d’ailleurs annoncé vouloir atteindre le chiffre d’un million de trajets effectués avec ces taxis par jour.

ZOOM SUR LES STARTUPS

Les grands constructeurs commencent à promouvoir les startups avec lesquelles ils collaborent ou qu’ils détiennent. Par exemple, Ford Mobility a fait l’acquisition en octobre 2017 de Chariot, une société de transport de personnes par van dont l’ambition est de révolutionner le transport en ville. Cette solution permet de réserver depuis une application mobile une place dans un van pour ses trajets quotidiens. Chariot ne propose pas de porte à porte mais un système d’arrêts en ville ; le passager choisit les lieux de départ et d’arrivée. Présent dans 4 villes des Etats-Unis, Chariot souhaite changer la donne en réduisant les bouchons grâce au regroupement de 8 personnes par van (pour $4 par trajet).

S’il y a bien une chose à retenir de ce salon c’est que Ford est le grand acteur technologique actuel dans le secteur automobile. Présent sur tous les domaines : VR, voiture connectée et voiture autonome ; le constructeur est aussi sur le front de la ville de demain.